Pourquoi nous nous battons pour les statistiques de la diversité

24 mai 2009 par le-cran  
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Le CRAN se bat pour la mise en place en France, comme dans de nombreux pays étrangers où cette mesure a fait la preuve de son efficacité, des « statistiques de la diversité ».

Ces statistiques sont calculées sur une base autodéclarative, facultative, anonyme et sans constitution de fichiers ».

Elles sont basées sur le « ressenti d’appartenance » des personnes discriminées.

En clair, si un homme noir, arabo-maghrébin, asiatique ou métis, a été discriminé à cause de la couleur de sa peau, il doit pouvoir le dire, son cas doit pouvoir être pris en compte par la statistique nationale, afin de que des solutions puissent être mises en place, au-delà de son cas individuel.

Nous souhaitons que la collecte de ces statistiques soit visée par la CNIL.

Contrairement à ce que l’on pense généralement, les statistiques de la diversité ont été validées par le Conseil Constitutionnel, dans sa décision en date du 15 novembre 2007, qui autorise “la mesure de la diversité”, à condition, bien évidemment, que celle-ci ne se fonde pas “sur l’ethnie ou sur la race”.

Rappelons que pour le CRAN, les races n’existent pas. Il n’y a pas de communauté noire en France. Et le concept d’ethnie n’a aucune validité dans le contexte français - il n’y a, par exemple, pas d’”ethnie blanche” en France. Pour cette raison, le CRAN récuse l’expression de “statistiques ethniques”.

Selon un sondage réalisé pour le CRAN par l’institut CSA en avril 2009, les statistiques de la diversité sont souhaitées par 65% des Français, dont 84% des moins de 30 ans, qui estiment que ces statistiques sont nécessaires pour lutter efficacement contre les discrimintions. Et cette opinion est majoritaire parmi les adhérents de l’ensemble des partis politiques.

Les statistiques de la diversité sont le seul instrument de mesure possible des discriminations indirectes, qui constituent les discriminations les plus criantes et les plus graves, en particulier pour ce qui concerne les écarts salariaux et les inégalités dans les évolutions de carrière qui constituent ce que l’on appelle le « plafond de verre ».

En 2007, une pétition en faveur des statistiques de la diversité a été lancée par un groupe de chercheurs en sciences sociales, dont Philippe Bataille, sociologue, Eric Fassin, sociologue, Nonna Mayer, chercheuse à Sciences Po et Laurent Mucchielli, sociologue. Elle a été publiée dans les colonnes du Monde le 15 février 2007.

Le Conseil scientifique du CRAN a organisé, le 5 octobre 2007, en partenariat avec l’Institut national de l’audiovisuel (INA) et le CADIS (CNRS-EHESS), le premier colloque sur le sujet : « Statistiques de la diversité, une question majeure, la représentation de la diversité développée selon une triple approche, « Passé-présent », « Faire des statistiques » et « Logement-Entreprise-Ecole-Médias » ».

Dans sa déclaration d’ouverture, le président du Conseil scientifique du CRAN, Michel Wieviorka, a déclaré : « En publiant dans le Parisien (daté du 31 janvier 2007) les résultats d’un sondage (TNS-Sofres) sur les Noirs de France et les discriminations dont ils sont victimes, le CRAN a suscité un débat où se sont opposés, en termes parfois très polémiques, tenants et adversaires des « statistiques ethniques » (…) Si de telles questions méritent examen (…) c’est aussi parce qu’elles touchent aux fondements mêmes de nos conceptions du vivre-ensemble (…) l’idéal républicain est en cause, non pas pour les valeurs qu’il implique, mais parce que les institutions de la République peinent à en réaliser les promesses. »

Michel Wieviorka précise que, « dans bien des domaines », « des données sont [déjà] collectées et diffusées, qui appartiennent au registre des « statistiques de la diversité ». »

Il cite, par exemple, les travaux « déjà anciens » de Sergio Della Pergola et Doris Bensimon ou ceux « plus récents » d’Erik Cohen, qui « s’efforcent depuis longtemps de chiffrer la population juive de France, et d’en mesurer, par exemple, les valeurs ».

Il évoque en conclusion l’importance de ces questions pour : les entreprises, « pour des raisons de pur rapport au marché », c’est-à-dire les nécessités du marketing et de la publicité ; les directions des ressources humaines des entreprises ; le logement social.

Un colloque sur les statistiques de la diversité se tiendra à l’automne 2009 à Evry, en présence de Patrick Lozès, président du CRAN, de Manuel Valls, député-maire d’Evry, et de nombreuses personnalités du monde scientifique, associatif et politique, avec la participation de l’ensemble des citoyens qui se sentiront concernés par ces questions. Ce débat sera animé par David Abiker, pour France Info, en partenariat avec les grands sites d’information en ligne. Nous vous tiendrons très bientôt informés sur le site du CRAN.

Comments

2 Réponses pour “Pourquoi nous nous battons pour les statistiques de la diversité”
  1. Oscar says:

    Bonjour,

    Il faut évidemment quantifier les dégâts que provoquent la discrimination en France. De plus je pense que seule une action en justice systématique et massive fera bouger les lignes ,
    voilà ce que j’en pense

    http://newps.over-blog.com/article-33662714.html

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  1. [...] juin 22, 2009 par Louis Lepioufle Vendredi dernier, Manuel Valls et Patrick Lozès était invité de France Info. Suite à cette émission, ils relancent le sujet des statistiques de la diversité. [...]



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